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La sélection du prix Turgot du meilleur livre d’économie financière de l’année 2018
Par J-L.Chambon et J-J.Pluchart

Les auteurs des cinq livres présélectionnés parmi les 150 publications économiques en langue
française de l’année 2018, ont présenté leurs livres au Grand Jury présidé par J-C. TRICHET. Les
ouvrages soulèvent des problématiques à la fois stratégiques, originales et servies par l’actualité.

Le livre de Gilles DUFRENOT, Les pauvres vont- ils révolutionner le XXIe siècle ? (Eds Atlande),
montre que la notion de pauvreté est polysémique. Elle est de nature matérielle (la faim, la gêne, la
précarité…) et immatérielle (l’injustice, l’humiliation, la frustration…). Les modes de gouvernance des
Etats appliquent des modèles différents de lutte contre la pauvreté, les injustices et les inégalités
économiques et sociales. Le système confucéen et le système capitaliste anglo-saxon privilégient la
croissance au détriment de l’égalité. Le premier repose sur des éthiques du travail, de la tradition et
de la hiérarchie sociale, tandis que le second s’appuie également sur le travail mais favorise une
démocratie basée sur le « ruissellement » des richesses (la philanthropie). Le capitalisme social
observable en Europe et dans certaines économies émergentes, s’efforce de concilier élévation et
égalisation des niveaux de vie. L’auteur perçoit dans l’économie du partage (solidaire ou
collaborative) et de l’innovation frugale qui émerge grâce à internet et aux réseaux sociaux, une
forme prometteuse de création de valeur et de vie sociale.

Le livre de J-P.ESTIVAL, La malédiction des comptes extérieurs de la France (Eds L’Harmattan),
montre que la France est victime d’une désindustrialisation alarmante depuis une vingtaine
d’années, avec une part de l’industrie dans le PIB chutant de 20 à 12%, qui a engendré un déficit
croissant du commerce extérieur. Les gouvernements successifs ont privilégié les grands groupes
industriels largement délocalisés et les prestataires de services peu exportables. Il n’ont pas su faire
bénéficier les PME des liquidités engendrées par la politique monétaire accommodante de la BCE. La
cause du déficit réside dans l’insuffisante compétitivité des ETI et PME françaises. Le contraste avec
l’industrie allemande du mittelstand est saisissant, dont le renouveau passe par la robotisation de ses
usines. Le déficit du commerce extérieur de la France reflète des insuffisances structurelles
persistantes, que l’auteur met cruellement en lumière.

L’ouvrage de G.PITRON , La guerre des métaux rares (Eds Les liens qui libèrent) révèle qu’après le
charbon au XIXe siècle et le pétrole au XXe siècle, les métaux rares utilisés dans les équipements
électroniques deviennent progressivement la ressource stratégique du XXIe siècle. Le cri d’alarme est
géopolitique : le monde a de plus en plus besoin de métaux rares pour son développement
numérique et donc, pour toutes les technologies de l’information et de la communication. Ces
métaux sont chers à extraire et à purifier. Leur extraction et leur recyclage sont polluants. Les
gouvernements occidentaux, les COP et les ONG doivent se pencher dans l’urgence sur les
externalités de cette nouvelle transition énergétique.

L’ouvrage de B. RAFFOURNIER, Théorie de la comptabilité financière (Eds Economica) dresse une
magistrale généalogie des concepts et des modèles de la comptabilité financière. Il présente ses
théories fondatrices et ses derniers développements méthodologiques et pratiques. Il analyse les
interactions entre les écritures comptables et les fluctuations des marchés financiers. Il revisite les
notions de MEDAF, de contenu informatif des résultats, de rapport entre les valeurs comptables et
de marché… Il s’interroge sur la capacité prédictive de l’information comptable, sur la validité des
projections des analystes financiers et des prévisions des défaillances d’entreprise. Il questionne les
changements de méthodes et les manipulations comptables. Il compare les tactiques de publication
de l’information comptable, et notamment, d’alerte aux résultats. Il analyse les pratiques de l’audit
externe et du lobbying comptable. Il explore la dimension internationale de la comptabilité et
mesure notamment l’impact du référentiel IFRS sur la qualité de l’information comptable.

Le livre de Stephane CARCILLO et Marie-Anne VALFORT, Les discriminations au travail,
Femmes, ethnicité , âge, apparence
( Sciences Po presse) , montre que la discrimination au travail
reste omniprésente tout au long du parcours scolaire puis professionnel, de la candidature à
l’embauche, en passant par la promotion et la perte d’emploi. Le simple fait d’être femme, senior,
LGBT , membre d’une minorité ethnique ou religieuse, de présenter des particularités physiques…
est source de discrimination. Ce fléau entraîne des coûts économiques, sociaux et psychologiques
difficilement mesurables. La lutte contre les discriminations repose actuellement sur des mesures
répressives aléatoires, mais elle peut être mieux combattue par des actions éducatives et des
campagnes de communication.